Pour aller plus loin...

Et si on écoutait vraiment les enfants ?

Le droit à la participation des enfants et des jeunes

Participer, c’est plus qu’être présent, c’est plus que faire partie d’un groupe et prendre part à une activité. Les quatre projets présentés ici et soutenus par le Fonds Houtman (quatre parmi les huit soutenus au total, les suivants se poursuivent et feront l’objet des Cahiers n°34) partagent une approche inclusive des jeunes et des enfants qui les met au centre du processus créatif, dès son entame. Rien ne se fait sans eux ni malgré eux. Ils sont les scénaristes – et les héros – d’une bande dessinée. Ils sont les artistes polyvalents paradant dans les quartiers. Ils sont les acteurs et actrices de courts-métrages. Ils sont des journalistes en herbe. Toutes et tous en lien avec leur vie, leur ville et les préoccupations actuelles de la société : interculturalité, crise sanitaire, accessibilité scolaire et accessibilité à la culture. En d’autres mots : une implication citoyenne !

1. Participer, qu’est-ce que ça veut dire ?

Par Solayman Laqdim, Délégué général aux droits de l’enfant

Si l’on s’en tient à la définition du dictionnaire Larousse, c’est « avoir part à quelque chose ». Et pour nous expliquer le concept, en l’ancrant dans notre époque, c’est l’exemple économique qui est d’abord cité : « participer aux profits d’une entreprise ». Mais c’est aussi, pour nous conduire vers le sens qui est plus en phase avec les droits de l’enfant, « prendre part à une action, à un sentiment, etc. : participer aux délibérations » (article 12 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant – CIDE – consacré à la liberté d’expression). C’est encore « participer à la joie générale » (article 29 de la CIDE qui évoque le fait que l’éducation des enfants doit participer à l’épanouissement de leur personnalité, notamment). Plus loin, on note que c’est aussi « assumer une partie d’une action, d’une tâche ». C’est là l’objectif et tout l’intérêt de la participation : permettre aux enfants d’avoir accès au processus de réflexion et de décision dans tous les secteurs de la vie en société et à tous les niveaux. Participer, c’est « prendre part aux activités d’un groupe ». En raccourci c’est donc « faire avec ». Faire, mais aussi penser, réfléchir, discuter, débattre, décider, agir… ensemble.

S’exprimer… et être entendu

L’article 12 de la CIDE porte donc sur le droit d’exprimer librement son opinion :

     « 1. Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité.

  1. À cette fin, on donnera notamment à l’enfant la possibilité d’être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l’intéressant, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un représentant ou d’un organisme approprié, de façon compatible avec les règles de procédure de la législation nationale. »

Cet article nous rappelle que l’enfant est un être humain à part entière et que sa parole doit être valorisée. Si les militants des droits de l’enfant sont convaincus que les mineurs ont le droit d’être entendus par les États et les adultes, il n’est malheureusement pas facile de faire respecter ce droit. Il est nécessaire d’analyser pourquoi il y a autant de réticences pour prendre au sérieux les opinions des enfants dans les décisions qui les concernent et agir pour assurer l’application intégrale de cet article.

Il est impératif que les adultes qui s’engagent dans ce processus soient formés et compétents et adoptent des stratégies pédagogiques qui ont été réfléchies et recherchées. Trop souvent, nous faisons semblant d’écouter les enfants ou nous ne les écoutons tout simplement pas. Nous pensons que nous savons ce qui est bon pour eux. Nous considérons que nous avons toujours procédé de la sorte et qu’il n’est pas pertinent de revoir nos modes de pensées et de fonctionnement. Les adultes ont de manière générale du mal à accorder du crédit à la parole de l’enfant, en particulier sur des sujets de société et de citoyenneté jugés complexes. Or, nous avons toutes et tous beaucoup à apprendre de la parole de l’enfant.

La planification et la mise en œuvre d’un processus participatif requièrent de la rigueur méthodologique, de solides compétences communicationnelles et une expertise thématique non négligeables. Il nous faut apprendre à décoder et comprendre le langage de l’enfant, l’aider à s’exprimer à travers des activités ludiques et créatives, au moyen d’outils novateurs… Il nous faut non seulement écouter sa parole, mais aussi écouter et comprendre son silence, afin qu’il puisse s’exprimer sans aucune crainte. Il y a une différence entre entendre et écouter l’enfant*.

Dans cette optique, le Délégué général a publié un outil de référence, inspiré des travaux de ses homologues européens (en particulier irlandais et écossais), qui définit et explique les 7 règles d’or de la participation. Il faut, avant toute chose, comprendre les droits de l’enfant pour pouvoir les appliquer. Il faut ensuite inclure les enfants, leur donner la chance d’être impliqués. C’est à l’enfant qu’il revient de choisir et à l’adulte d’accepter que ne pas participer, c’est déjà participer. L’enfant doit être valorisé du début à la fin du processus de participation. Pour ce faire, ses aînés doivent l’aider, l’accompagner à toutes les étapes. Car participer c’est, comme nous l’avons dit plus haut, travailler ensemble avec l’enfant. Et lorsque le projet prend fin, il faut toujours assurer le suivi pour l’enfant pour identifier avec lui ce que son intervention aura permis de changer ou pas et pourquoi**.

La participation, ce n’est donc pas une posture. C’est un engagement sincère et véritable qui requiert, pour les adultes, de changer de prisme de pensée, d’adopter une position humble et de reconnaître la valeur ajoutée de cette autre façon de faire en commun avec les enfants et les jeunes. Pour éviter que la participation soit dévoyée, détournée de son objectif citoyen premier pour ne plus être qu’un faire-valoir de la pensée adulte.

 

* Le droit à la participation : un guide pratique, Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie.

** Participation : 7 règles d’or, Délégué général aux droits de l’enfant.

2. BruXitizen - Agence Alter (Bruxelles)

Dix ans déjà que l’Agence Alter organise chaque année le projet BruXitizen : des ateliers et des débats sur des thématiques sociales pour s’initier au journalisme, confronter des points de vue et susciter la rencontre entre les jeunesses bruxelloises. Ce projet d’éducation permanente offre aux jeunes une tribune médiatique ; il leur permet d’apprendre à décoder des problématiques sociétales, d’apprendre à oser s’exprimer sur un sujet qui les concerne.  En 2022, l’édition soutenue par le Fonds Houtman, le thème portait sur les inégalités scolaires. D’octobre 2021 à mai 2022, une vingtaine d’étudiants de l’Université Saint-Louis, une vingtaine d’élèves de sixième de l’Institut Cardinal Mercier et une quinzaine de jeunes primo-arrivants inscrits dans cette même école ont participé à différents ateliers et moments d’échanges.

Former et informer

Former et informer les jeunes, certes, mais aussi en faire des citoyens actifs ! « Les jeunes ont leur place dans la société, dit Chaïma El Yahiaoui, chargée de projet BruXitizen. Nous les informons des possibilités qu’ils peuvent avoir, sur les structures existantes – et on sent bien que nombre d’entre elles n’ont pas facilement accès à un public parfois fragilisé, parfois vulnérable. » Elle relate un exemple saisissant, survenu lors d’une précédente édition de BruXitizen : « Lors de la visite du Parlement bruxellois, une parlementaire disait qu’elle prenait l’avis des jeunes via le Forum des Jeunes… et aucun de notre groupe ne savait de quoi il s’agissait ! »

Comprendre les inégalités scolaires

Lors de la première rencontre, chaque participant se voit expliquer le projet, le processus, les attentes que les organisateurs ont d’eux. Ils expriment aussi leurs besoins. La première sortie est une immersion dans la réalité de la problématique des inégalités scolaires avec les étudiants de Saint-Louis et les élèves de Cardinal Mercier.

Quels sont les enjeux par rapport à la thématique ? Comme ils vont devoir travailler et prendre la parole sur ce sujet, ils ne peuvent le faire sans un minimum d’informations concrètes… En plusieurs petits groupes, ils ont effectué un « tour des inégalités » dans la commune de Molenbeek en visitant différents acteurs, différentes structures pour voir ce qui se met en place : une école avec un professeur engagé dans la question des primo-arrivants, l’association MolenGeek sur la question de la fracture numérique, une école des devoirs au sein de laquelle a émergé un collectif des parents actifs sur la question des inégalités scolaires. Ils sont ensuite revenus en séance plénière pour rendre compte aux autres de ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont appris, et ils ont échangé avec les personnes-ressources rencontrées en cours de journée : Une école pour tous ? L’institution scolaire, une institution discriminante ? L’accès à l’éducation des mineurs primo-arrivants en Belgique, une situation de non-droit ? Le numérique comme vecteur d’émancipation ? Covid-19, la fracture numérique, nouvel enjeu de lutte contre les inégalités ? Telles sont quelques questions qui ont été abordées…

Des ateliers d’expression et d’intelligence citoyenne

Atelier joutes verbales

Pour analyser, il faut comprendre. Pour débattre, il faut s’exprimer. Les premières rencontres organisées avec les jeunes se sont focalisées sur le développement de leurs compétences verbales : des ateliers d’expression et des débats pour décortiquer la problématique, acquérir des clés de compréhension, développer des compétences orales par la pratique, développer la confiance en soi et apprendre à s’exprimer sur un sujet complexe.

« Ces ateliers d’expression sont essentiels, dit Chaïma El Yahiaoui. On n’en proposait pas au début du projet il y a une dizaine d’années ; on voyait bien qu’il y avait certaines difficultés à l’écrit, mais aussi à l’oral. Prendre la parole, ce n’est pas quelque chose d’inné chez eux et on sentait qu’ils avaient besoin d’outils préalables. On travaille aujourd’hui en partenariat avec les Ambassadeurs d’expression citoyenne , qui proposent, entre autres, des ateliers de joutes verbales. » Entre techniques d’expression, éducation à la citoyenneté et rencontres interculturelles, les joutes oratoires sont des confrontations d’arguments entre protagonistes qui n’ont pas le choix de leur position. Les élèves se rencontrent, approfondissent certains sujets de société pour finalement monter sur scène par équipes de cinq (classes ou écoles mélangées) et face à un jury. Maîtriser l’argumentation et le langage est nécessaire pour prendre une place active dans son école, dans son quartier, face à la justice ou à l’administration, dans son travail, dans notre monde politique. C’est le principe de l’éducation par les pairs : des jeunes formés à l’éloquence forment d’autres jeunes. « Prendre la parole avec l’outil radio, c’est relativement facile, c’est plus simple qu’avec d’autres outils, mais pour animer une émission il faut être à l’aise et nous leur donnons des petites astuces et des techniques, à commencer par ces ateliers d’expressions. »

© Agence Alter
© Agence Alter

Atelier Medialab

D’octobre à mai, les jeunes se sont formés au journalisme lors d’ateliers encadrés par des journalistes, vidéastes, illustrateurs, producteurs radio professionnels. Les jeunes ont été invités à choisir le média de leur choix parmi l’écriture, la BD-journalisme, la photo, la radio et la vidéo.

Les étudiants de l’Université Saint-Louis se sont essayés à la production d’information journalistique critique et sociale. Ils ont investigué leur sujet de façon autonome et rencontré différents acteurs sociaux et politiques, dont des acteurs de l’enseignement, des chercheurs, des sociologues, des associations, mais aussi d’autres jeunes qui ont fait l’expérience de la relégation, du redoublement. Les jeunes de l’Institut Cardinal Mercier ont participé aux ateliers radio et photo. Les jeunes primo-arrivants se sont initiés à la photo.

Ces ateliers viennent mettre les jeunes en capacité à « la prise de parole » en leur permettant d’acquérir des compétences d’analyse, de traitement et de production d’information. Un des objectifs étant de partir à la recherche d’information, d’interroger des experts, d’apprendre à oser poser des questions et à trouver un point de vue, d’être créatifs sur la façon d’amener un sujet.

Ils sortent de ces ateliers avec des acquis techniques. « C’est une chouette formation : ils ont des ateliers plutôt techniques, mais accessibles grâce à l’utilisation d’un langage simple. Nous sommes dans l’optique d’une méthodologie facile à comprendre et nous tenons compte des réalités de chacun. » Les plus de 18 ans ont tendance à choisir l’écriture et la vidéo. Et les plus jeunes la radio et la photo, des médias qu’ils connaissent mieux ou qui leur semblent accessibles. L’équipe d’encadrement a remarqué ce pli. « Dans l’édition en cours aujourd’hui, nous en avons tenu compte et nous leur avons concocté une initiation avant qu’ils ne déterminent leur choix. Et des plus jeunes nous ont agréablement surpris en s’orientant vers l’écriture. »

Atelier « Questionner et comprendre le droit à l’éducation pour tous ? »

Ces ateliers ont permis aux jeunes de découvrir, d’explorer la thématique et les enjeux sous-jacents : Quand on parle d’inégalité scolaire en Belgique, qu’est-ce qu’on observe ? Quelle expérience en font les jeunes ? Quels sont les leviers d’action existants ? Un quiz les a éclairés de manière ludique sur le système scolaire belge, son fonctionnement et son évolution à travers l’histoire. L’une des questions portait sur les raisons de l’allongement de l’obligation scolaire. « Ils étaient tous étonnés d’apprendre qu’il n’y avait pas d’autre enjeu que de faire baisser les chiffres du chômage ! » Les primo-arrivants ont fait part d’une autre réalité de l’école, celle de leur pays d’origine, et ils ne comprenaient pas pourquoi certains ici s’en plaignaient. « Cela a donné lieu à des échanges très intéressants, relate Chaïma El Yahiaoui. Pour eux, votre système scolaire est top par rapport à ce qu’ils connaissent, il n’y a pas d’uniforme par exemple. Il y avait aussi des choses qu’ils ne comprenaient pas, comme le fait que la journée soit aussi longue… Et ils avaient presque peur parfois de critiquer les profs ou de critiquer l’école. »

© Agence Alter

Atelier-débat

Les jeunes ont rencontré des acteurs-clés autour des questions du droit à l’éducation pour tous pour décortiquer la problématique, acquérir des clés de compréhension et apprendre à s’exprimer sur un sujet complexe. Parmi ces acteurs : Claude Prignon (ancien directeur d’une école, membre du CGé (ChanGements pour l’égalité) et de la Coalition des parents de milieux populaires), et les experts rencontrés lors du « tour des inégalités » à Molenbeek.

Visite d’une exposition

Les jeunes ont visité une exposition de la photographe urbaine Helen Levitt. « Pour eux, la photo n’était pas un outil médiatique qui pouvait avoir de l’ampleur ou qui pouvait avoir un impact, observe Chaïma El Yahiaoui. Ils prennent tout le temps des photos avec leur GSM… Pourtant, rien que le fait d’en poster une les réseaux sociaux, c’est une forme de participation, c’est une forme d’engagement. Ils ont réalisé que c’est aussi une manière d’agir. » L’artiste a pris des clichés de son quartier, des gens de son quartier. Les jeunes ont remarqué qu’une photo est parlante… Ils ont dû tous en choisir une et dire ce qu’elle évoquait pour eux, et argumenter leur choix. « C’était très intéressant, parce que c’était en rapport avec leur parcours de migrant et leur arrivée. Et ils se sont rendu compte que, même s’ils venaient de pays totalement différents, ils avaient un lien, un truc en commun. Et ils ont compris qu’il y avait moyen de sortir des émotions au moyen d’une image. »

L’accroche

Le thème des inégalités scolaires traverse aussi directement les participants, à commencer par la maîtrise de la langue française, pour les élèves primo-arrivants. « Nous le savions et c’est pour cela que nous les avons invités au projet. C’est essentiel de recueillir leur parole à ce sujet, mais aussi de sensibiliser le reste des jeunes qui participent à cette question. » Il a fallu un peu adapter le programme pour eux. « Nous n’avons pas pu faire le tour des inégalités avec eux pour cette raison », déplore Chaïma El Yahiaoui. Souvent, l’anglais a servi de langue véhiculaire. « Il y avait pas mal de nationalités : Syrie, Amérique latine, Chine… du coup c’est cela qui a fait le lien entre eux et avec les autres. »

Paradoxalement, le cadre scolaire dans lequel se sont déroulées les activités a été un facilitateur d’accroche des jeunes. « On travaillait toujours avec le même groupe, poursuit Chaïma El Yahiaoui. La stabilité, ça aide. Mais ce n’est pas nécessairement plus porteur au niveau de l’implication des jeunes. Ce qui nous a vraiment aidé, c’est l’absence d’enjeux, de notes, de points. On était là pour prendre en compte leur parole et essayer d’en faire quelque chose ». Une réalisation, une production médiatique, être écoutés ou être lus, c’est cela qui leur donne envie. Tout ce qui a émergé dans les ateliers, lors des rencontres et des débats, ne laissera peut-être pas de trace, en revanche leur production fera son petit bonhomme de chemin…

« Je sais que beaucoup sont sceptiques de travailler avec le public scolaire, que la participation doit être volontaire. Mais cette position volontaire, libre, peut prendre différentes formes. Des ateliers comme les nôtres en milieu scolaire sont aussi l’occasion de travailler d’autres choses et autrement qu’ils n’en ont l’habitude. Ils ont aussi l’occasion de s’adresser à d’autres acteurs scolaires, un ancien directeur notamment, et d’entendre leur expérience. » Des jeunes aussi se révèlent : un ado qui séchait tous les cours n’a pas manqué un seul des ateliers…

Réalisations

Lors de la soirée de clôture, les jeunes sont montés sur scène pour participer à une émission de radio diffusée en direct, pour présenter en public leurs productions et réflexions sur le sujet travaillé, établir des liens entre elles et débattre de la problématique des inégalités scolaires. Leurs photographies ont fait l’objet d’une exposition. « L’objectif était qu’ils s’emparent de leur rôle de citoyens et de partager, diffuser, valoriser les résultats du projet devant d’autres citoyens, des professionnels, des acteurs sociaux et politiques », conclut Chaïma El Yahiaoui.

Les vidéos, les reportages photo, les articles… Toutes leurs productions ont été mises en ligne sur le site d’Alter Échos et https://www.altermedialab.be/lab/bruxitizen/. Les articles ont été publiés dans la version papier de la revue et les émissions de radios qu’ils ont conçues et animées sont à réentendre en podcast sur Radio Panik et sur Streamez de la musique Agence Alter | Écoutez des chansons, des albums, des playlists gratuitement sur SoundCloud

Évaluation

Des moments d’évaluation étaient prévus tout au long du projet. Après chaque rencontre (débats et ateliers), les jeunes ont partagé ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ont (moins) aimé, les problèmes qu’ils ont rencontrés. « Ces moments de débriefing nous permettent d’adapter directement nos activités, ainsi que de nous assurer de la bonne compréhension des consignes, de la thématique, et de répondre à leurs attentes. » À la fin du projet, un questionnaire en ligne a été envoyé à tous les participants – jeunes, acteurs de terrain, associations partenaires et tout participant – pour récolter leur avis de façon anonyme. Une rencontre a ensuite été programmée avec les jeunes. Les coordinateurs des ateliers ont également remis une évaluation en interne portant sur le déroulement du processus de participation des jeunes, leur implication, l’acquisition de savoirs, savoir-faire, savoir-être. « C’est une thématique qui leur parle, dit Chaïma El Yahiaoui. Les résultats de ces évaluations dégagent une appréciation générale positive et une volonté de poursuivre le projet. Une édition étant souvent le terreau du thème retenu pour la suivante. La prochaine portera d’ailleurs sur la participation et la place des jeunes dans l’école… ». Entre autres, les jeunes ont apprécié les échanges et réflexions qui ont émergé lors des ateliers et des débats. L’entrée en matière grâce au « tour des inégalités » leur a donné une première idée de sujets à explorer. L’atelier radio a rencontré un franc succès. C’est un outil à la fois ludique et formateur et un grand nombre de jeunes ont exprimé le souhait de se former davantage et de continuer à créer des podcasts. Les jeunes ont également apprécié de jouer un rôle actif dans la préparation de l’événement de clôture et son organisation.

Quelques témoignages des jeunes

  • « C’est un projet qui permet aux étudiants d’aller sur le terrain et d’avoir une expérience réelle, semblable à ce que nous allons faire dans le futur proche en tant que journalistes. »
  • « C’est un très beau projet qui donne la voix aux personnes et aux sujets qui ne l’ont pas via les grands médias. »
  • « Cette expérience m’a apporté une ouverture d’esprit. »
  • « Les échanges avec les acteurs de terrain nous permettent d’avoir une vision plus concrète des enjeux. »
  • « L’atelier avec le quiz était chouette, on apprend des choses tout en s’amusant. »
  • « J’ai beaucoup apprécié l’atelier radio. De nature très timide, cela m’a permis de prendre la parole, de dire ce que j’avais à dire sans être bloqué par le stress. »
  • « C’était chouette de sortir de l’école et d’aller voir une expo photo, de parler de nos parcours de vie. »

Pour en savoir plus

Réalisations issues de ce projet :

Des reportages vidéo :

 

Des reportages photo :

  • Surmonter les obstacles : l’histoire de Yasmina ;
  • Curriculum caché : le parcours d’Eva ;
  • Une scolarité́ vécue dans la honte et le mépris ;
  • « Quand on se trompe, on est vu comme le clown de la classe ».

 

Deux émissions de radio à découvrir sur Radio Panik :

  • « La voix des élèves », une émission radio animée et conçue dans le cadre de l’atelier radio du projet BruXitizen ;
  • « Les inégalités scolaires au cœur de nos parcours, nos trajectoires », émission de radio réalisée au sein de l’Institut Cardinal Mercier.

Le projet a commencé par des ateliers d’expression avec les jeunes, avec l’appui de l’association « Les Ambassadeurs d’expression citoyenne » afin que les jeunes se sentent plus à l’aise à l’oral.

Les articles et l’émission issue des travaux du projet est à retrouver en ligne sur Altermedialab  et la publication AlterEchos propose également des extraits du projet.

Contact

Agence Alter

Chaïma El Yahiaoui, Chargée de projet

Rue Guillaume Tell 57 à 1060 Saint-Gilles

Tél. : 02 541 85 29 – Courriel : chaima.el.yahiaoui@alter.be – Site : www.altermedialab.be/lab/bruxitizen

3. « Coup d’œil 3e  : Zoom sur l’interculturalité » - La Baraka (Liège)

La Baraka est implantée dans le quartier Sainte-Marguerite, à Liège, depuis 1971. À la fois centre de jeunes, centre d’expression et de créativité (CEC) et école de devoirs, l’association accueille un public de 6 ans à 26 ans… et souvent au-delà via les ateliers qu’elle organise tout au long de l’année. « Nous travaillons avec un public multiculturel, avec de nombreux primo-arrivants, et qui rencontre pas mal de problématiques de décrochage social, scolaire, etc., mais pas uniquement, explique Laure Combeaud, animatrice. Les activités de notre centre d’expression et de créativité attirent un public plus mixte, plus intergénérationnel. C’est vraiment une chance, car quand on parvient à réunir des membres de la maison de jeunes, du cours de français langue étrangère et du CEC, ça crée une chouette dynamique. »

Parmi ces activités, la création audiovisuelle occupe une large place, notamment grâce au projet cinéma « Coup d’œil », basé sur l’interculturalité. Pour la troisième édition menée d’octobre 2021 à décembre 2022, ce thème tournait plus particulièrement autour de la nourriture. Pourquoi ? « Parce que la nourriture est un médiateur, poursuit Laure Combeaud. C’est transversal. Tout le monde a une expérience, un souvenir, une tradition à partager… Et en plus, ce qui est très gai, c’est qu’on se retrouve à manger ensemble sur les tournages. Cela rajoute de la convivialité. »

Une centaine de personnes – de 5 ans à 74 ans – ont in fine participé « au moins un jour » à ce projet : écriture du scénario, jeu d’acteur, cadrage, prise de son… Elles ont contribué de près ou de loin à la réalisation de près de vingt courts-métrages.

Un projet en plusieurs étapes

Des rencontres ont permis de tisser les fils des scénarios. Des ateliers ont fourni les bases techniques aux participants et aux participantes. Des séances de projection et d’échange avec le public ont clôturé le projet.

  • Le projet a démarré par une première journée de discussion autour d’un repas cosmopolite. Une vingtaine de participants et de participantes ont partagé des souvenirs liés à la nourriture : repas de famille, périodes de jeûne, plats représentatifs de leur culture respective, situations comiques, malentendus et autres chocs culturels liés à la nourriture. À partir des histoires recueillies, les intervenants et les intervenantes ont élaboré des pistes de scénarios. Parmi les personnes présentes : une majorité de jeunes d’origine étrangère et allophone issus des cours de français langue étrangère de La Baraka et de l’asbl Caritas, qui accompagne des MENA. « Nous avons pris conscience de la difficulté que représentait la non-maîtrise d’une langue commune pour le travail de groupe, même pour les échanges, reconnaît Laure Combeaud. Une partie d’entre eux n’a d’ailleurs pas poursuivi le projet au-delà de cette rencontre et nous pensons que cela est dû en grande partie aux difficultés de compréhension. » Une deuxième journée de rencontre et de discussion a accueilli principalement le public d’Interra (asbl qui crée du lien entre personnes migrantes et liégeoises) et du Centre contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE), tous deux partenaires du projet. La discussion a fait émerger un début de scénario collectif.
  • Le travail d’écriture des scénarios a démarré sur base des pistes ouvertes par ces deux rencontres et sur base de propositions amenées par les participants et les participantes des éditions précédentes. L’intervenant chargé d’encadrer ce travail a rencontré tout ce petit monde à plusieurs reprises pour finaliser les scénarios.
  • Parallèlement au lancement du travail d’écriture, une journée de défi vidéo a rassemblé une douzaine de personnes réparties en équipes et encadrées par des professionnels de l’audiovisuel pour imaginer et tourner des mini-films sur base de contraintes tirées au sort : une phrase à placer dans les dialogues, un accessoire à utiliser, un lieu de tournage. Les films ont été montés et visionnés le soir-même. Cette journée étant conçue comme une initiation aux techniques audiovisuelles et au jeu d’acteur.
  • L’heure des tournages est arrivée (de juillet à septembre 2022), à raison d’une journée par film en moyenne. Les acteurs et les actrices ont été recrutés parmi les participants ou dans l’entourage des scénaristes, en fonction des besoins. En plus de professionnels qui se joignent au projet, trois animateurs de la Baraka sont chargés de l’image, du son et de la réalisation, tandis que des animatrices des ateliers théâtre s’occupent de la mise en scène et du jeu.
  • Une projection-rencontre a eu lieu en septembre au centre culturel des Chiroux. Dans un premier temps, les courts-métrages ont été présentés au public, les participants et les participantes venant témoigner sur scène de leur expérience. Dans un deuxième temps – le ciném’action, trois participants sont montés sur scène pour réaliser un film en direct en suivant les indications du public. La soirée a réuni une centaine de personnes. « Un certain nombre provenait de notre centre de jeunes, accompagnés de leurs parents, se réjouit Laure Combeaud. Nous sommes particulièrement heureux que ce public-là ait participé à la soirée, car il est peu habitué à fréquenter ce genre de lieux culturels. »
  • Une journée Focus Coup d’œil s’est déroulée en novembre 2022 dans les locaux de La Baraka. Une vingtaine de personnes ont pu voir ou revoir les films de l’année et les productions précédentes. Les participants de Coup d’œil 3 ont reçu une clé USB contenant les films et ont évalué le projet, tandis que l’équipe traçait les modalités et le calendrier de Coup d’œil 4, lancé début 2023.
Défi vidéo
Tournage de "Fringale 4"
Projection de courts-métrages

Des freins à la participation

La participation dépend du profil des publics visés et de leur âge. Ils occupent des places un peu différentes : on retrouve des enfants sur les tournages ou pour les ébauches de scénario, et plutôt des adultes dans les ateliers de réflexion, de discussion philosophique. « Quand on répond à un appel à projets, on est vraiment persuadé que l’on va mettre tout le monde dans une même pièce et que chacun va donner son avis, mais la barrière de la langue nous a beaucoup freiné dans la troisième édition, notamment avec les MENA… » Parfois, ce sont les parents qui bloquent. La famille de l’une des jeunes filles qui ont participé à l’écriture du scénario de deux films n’a pas accepté qu’elle participe au tournage. « C’est frustrant et on essaie de trouver les moyens de les mettre en confiance, en espérant que ça s’arrange pour la fois suivante, mais cela reste compliqué, résume Laure Combeaud, même dans nos activités structurelles, et surtout depuis la pandémie. On n’a pas d’analyse définitive et tout le monde se questionne dans différentes structures : pourquoi les gens ne s’engagent-ils pas plus sur le long terme ? C’est déjà difficile au quotidien et donc, plus le projet sera long, plus ça va être difficile de les garder. » Les activités d’un jour, les one shot, comportent aussi des risques : le public est là ou il n’est pas là… « Et en même temps, relativise-t-elle, s’il y a plein d’opportunités, plein de moments-clés dans le projet, on a une chance de les avoir à certains moments… Il nous faut parfois déployer une énergie phénoménale pour arriver à réunir dix participants sur une journée, mais ceux-là sont ravis et cela donne de belles choses ! »

Un processus créatif

Avec un public très diversifié et donc des disponibilités divergentes, impossible d’organiser des moments de rencontre générale ou des tournages qui puissent convenir à la fois à des élèves de secondaire, des étudiants jobistes, des travailleurs ou des personnes en formation, des pensionnés et des parents de jeunes enfants. « On parlera plutôt de flux de participation et nous avons retenu comme critère le fait d’avoir assisté à au moins une activité, de la conception du projet à sa diffusion. » Ainsi, 118 personnes ont été comptabilisées (62 femmes et 56 hommes), de 22 origines différentes (Algérie, Afghanistan, Angola, Belgique, Cameroun, Côte d’Ivoire, Croatie, Érythrée, Espagne, France, Ghana, Guinée Conakry, Inde, Iran, Mali, Maroc, Nigéria, Pakistan, Portugal, République démocratique du Congo, Sénégal et Somalie) ; 21 personnes ont moins de 12 ans, 56 personnes ont entre 12 et 26 ans, 41 personnes ont plus de 26 ans. Elles ont eu connaissance de Coup d’œil en fréquentant La Baraka, par son site internet, sa newsletter, les réseaux sociaux et les projections antérieures, ou la base sociale élargie de l’association.

La flexibilité est un maître-mot, car rien ne se passe jamais comme prévu… Entre l’abandon des premières idées de scénario et celui de certains participants et participantes en cours de route, heureusement compensé par des arrivées, le processus créatif n’a pas été linéaire. Une constance cependant : ce sont des films très personnels, basés sur des expériences ou sur des références culturelles propres à celles et ceux qui en ont écrit le scénario. Le format des films a aussi impliqué des contraintes d’organisation, l’un deux étant lié aux ateliers chant du CEC et deux autres reposant exclusivement sur les résidents du centre de demandeurs d’asile ou sur les membres d’une même famille marocaine.

La création collective et l’aspect participatif ont été travaillés lors des deux rencontres du début et surtout lors des défis vidéo et des ciném’actions. « Les défis vidéo sont un excellent outil pour mobiliser les compétences techniques et artistiques en sous-groupe, ils fournissent un résultat concret – des mini-films – en fin d’activité », explique Laure Combeaud. Les ciném’actions reposent quant à eux sur une écriture collective, des techniques de jeu d’acteur et des techniques vidéo telles que l’utilisation du fond vert qui permet d’incruster des images, et le montage.

Une tension entre le processus et le résultat

Où placer le curseur entre le processus (la démarche participative avec un public non-professionnel et non-familier de la gestion de projet) et le résultat (des œuvres d’une certaine qualité artistique, d’un bon niveau technique et esthétique) ? À La Baraka, les enjeux ne sont pas toujours les mêmes suivant les entités. Le CEC a des exigences de créativité et d’expression citoyenne. En maison de jeunes, l’accent est porté sur la participation, notamment d’un public plus difficile à mobiliser. « Les animateurs eux-mêmes basculent parfois vers un encadrement professionnel, ajoute Laure Combeaud, car c’est difficile de confier tout le tournage aux participants. On ne dispose parfois que d’une journée pour un film ; il faut donc que ça aille vite et on ne peut pas se permettre d’avoir des images de mauvaise qualité. En revanche on leur laisse beaucoup d’espaces dans les défis vidéo, où ils peuvent expérimenter plus longuement et sans pression. » Coup d’œil 3 a donc misé sur l’aspect participatif lors des journées de rencontre, des défis vidéo et des ciném’actions, tandis que le niveau de qualité technique de la production a été assuré par l’encadrement de pros de l’audiovisuel lors de la réalisation des courts-métrages. Lors des tournages, les participants et les participantes ont dès lors pu se concentrer sur le jeu ou s’essayer à la caméra et au son, mais sans la contrainte d’un résultat qualitatif à atteindre.

Ces projets séduisent des profils très différents. « On compte des amateurs très impliqués, des artistes. Ils n’ont pas beaucoup de moyens financiers, mais ils savent comment fonctionne un projet, ils comprennent les enjeux, ils ont l’habitude de faire du théâtre ailleurs ou sont impliqués dans des dynamiques du même genre. Nous avons pas mal de jeunes qui viennent des cours de français langue étrangère, ils ont peu d’activités et celle-ci est à 100 % gratuite ; il n’y a donc pas de frein financier et ils sont preneurs de tout ce qui se passe à la maison de jeunes et au CEC. Pour d’autres encore, La Baraka est une deuxième maison… S’ils sont scolarisés dans le quartier, ils y passent tous les jours. » Les plus difficiles à impliquer, ce sont les ados. Un peu blasés, ils ont du mal à tenir un horaire, même à l’école… « Et pourtant, si on arrive à les avoir, ils sont super contents, mais ce n’est jamais gagné. » Elle se souvient d’un jeune homme qui allait et venait sur le tournage dont il était l’un des protagonistes. Absent un jour, en retard le lendemain… Même à la projection publique et malgré ses rêves de notoriété, il a loupé son moment de gloire. « S’il se passe quelque chose de plus intéressant pour eux à l’autre bout de la ville, ils y vont. »

L’évaluation

Coup d’œil est un projet de cinéma, mais ce n’est pas sa seule finalité. La participation, on l’a vu, est au cœur de son processus tout comme l’ouverture d’esprit, le sentiment de solidarité, le vivre ensemble. Et l’expression citoyenne : une expression collective et partagée avec le grand public portant sur un thème de société en particulier. « Le résultat que nous visons doit sortir du cercle des personnes qui y ont participé. Nous le faisons via les projections, qui sont toujours agrémentées de rencontres avec la salle. On ne parle pas de ciné-débats parce qu’on n’y va pas avec une question sur le thème, parce que c’est trop large et aussi parce que les participants et les participantes ont pu dire ce qu’ils voulaient à travers un film, mais il y a un échange avec le public : qu’est-ce que chacun en pense ? Qu’est-ce que chacun a vécu dans sa culture, dans son histoire ? »

L’évaluation proprement dite par les participants et les participantes est relativement difficile à mener, car, à l’issue du projet, ils disparaissent des radars. Compliqué aussi de leur poser des questions du type : Que pensez-vous du sentiment d’interculturalité ? « Ça, ça ne marche pas ! Je leur demande plutôt de me parler de l’ambiance, de ce qu’ils avaient ressenti… Chacun s’exprime avec ses mots, avec son vocabulaire : ils sont heureux d’être avec des gens différents, d’origine différente ou d’âge différent. »

Des enseignements ont été tirés pour l’édition suivante. « On aimerait lancer un défi vidéo géant pour contourner la contrainte de garder les mêmes personnes de l’écriture du scénario au tournage, car c’est un peu se tirer une balle dans le pied connaissant les difficultés de suivi qu’elles rencontrent. » Dans la réalité en effet, les films se construisent au fur et à mesure et parfois les comédiens changent au dernier moment… preuve que la finalité n’est pas le moteur principal, mais plutôt de faire partie de l’ensemble.

Les films continuent leur vie, hors des murs de La Baraka. Certains sont sélectionnés pour des festivals, certains sont primés. Ici aussi une tension apparaît entre l’embargo sur la diffusion numérique parfois réclamé par les organisateurs et le désir des participants et des participantes de profiter tout de suite de leur réalisation et de la partager avec leurs proches ou sur les réseaux sociaux…

Quelques témoignages

  • « Quand je suis arrivé, j’étais prêt, mais on a dû recommencer plusieurs fois, c’est pas évident. Mais d’un côté, c’est bien, ça nous permet d’apprendre… » (Sambila, 23 ans)
  • « Nous, quand on regarde un film, on se pose, on allume notre télé, ça va vite, quoi. Alors que y’a la réflexion, plein de choses qui sont derrière, qu’on ne voit pas, bien sûr. Et beaucoup de personnes aussi qu’on ne voit forcément pas devant notre caméra, quoi, enfin, quand on regarde le film. » (Carmi, 18 ans)
  • « Je connaissais déjà bien les techniques de cinéma, mais j’ai apprécié les mettre en pratique et discuter des personnages et du scénario avec les autres actrices. » (Yasmine, 19 ans)
  • « Au niveau technique, j’ai découvert le matériel, comment se déroulait un tournage, comment on mettait en place un scénario, la prise de son, etc. Au niveau des relations humaines, c’était un énorme partage : que du positif ! » (Alice, 20 ans)
  • « Même quand on est seul face à la caméra, c’est complètement collectif, et c’est ça qui est magique dans cet art. » (Sarah, 34 ans)
  • « J’étais stressée parce que j’avais peur que des gens disent que c’était nul et finalement tout le monde a aimé. » (Marie-Béatrice, 7 ans)
  • « La projection des films était un moment très fort. Amener les gens sur scène et demander leur avis était intéressant aussi. La joie et le partage toujours présents et surtout, que de l’amusement ! » (Marylou, 17 ans)
  • « C’est même très très difficile de travailler avec des humeurs différentes, des personnes différentes, etc., mais moi j’adore ça, travailler, être confrontée avec d’autres personnes qui ne me ressemblent pas, qui ont d’autres idées, qui voient les choses d’une autre manière, ben moi ça m’ouvre. C’est un travail en communauté, en collectif, et j’adore ça. » (Sarah, 34 ans) ;
Tournage "Fringale"
Tournage "Chips"
Kashke Bademjan - Chiroux

Pour en savoir plus

Coup d’œil sur les productions : lien vers les courts-métrages : Coup d’Oeil (vimeo.com)

Contact

Centre de Jeunesse de l’Ouest / ASBL La Baraka

Raphaël Di Domenico, Coordinateur du CEE

Laure Combeaud, Animatrice Maison de jeunes

Rue Sainte-Marguerite 51 à 4000 Liège

Tél. : 04 225 04 98 – Courriel : raphael@labaraka.be ou info@labaraka.be ou laure@labaraka.be – Site : www.labaraka.be ou la chaîne Youtube La Baraka ASBL ou www.facebook.com/barakaasbl.

4. « Expressions de rue 2 » - AMO Dynamo (Ixelles et Forest)

Cette résidence d’artistes sur l’espace public dans des quartiers d’Ixelles et de Forest a permis à des enfants et à des jeunes vulnérables d’accéder à la culture. Après une première édition en 2016 qui avait très bien fonctionné, l’AMO Dynamo a souhaité relancer cette expérience conviviale qui constitue une excellente accroche pour amener les jeunes sur le terrain de la participation et de l’expression artistique.

Sébastien Hertsens, codirecteur de Dynamo : « On aimait l’idée de travailler avec plein d’artistes, de permettre aux jeunes de tester différents moyens d’expression dans les espaces publics. Comme la première fois, nous avons travaillé avec le musicien et comédien Pierre Veyt et son réseau d’artistes ». Au menu et à la carte, six disciplines : musique, skate, cirque, sculpture végétale, graff et danse… et une cinquantaine d’ateliers entièrement compatibles avec un éventuel retour des restrictions liées au Covid-19 à l’époque. Les animations se sont concentrées sur le printemps 2022, deux à trois fois par semaine, de Pâques à fin juin, et ont drainé quelque 150 jeunes, dont près de 120 âgés de moins de 12 ans.

« Les petits ont bien accroché, raconte-t-il. Ce qui est vraiment chouette, c’est la convivialité dans les quartiers. On y fait des animations de rue tous les mercredis et parfois le samedi, certains d’entre eux se connaissent déjà. On revient avec les mêmes outils : le foot, la slackline… et cette occasion de pouvoir diversifier notre offre, de pouvoir travailler avec des artistes, a permis de démultiplier notre approche. On leur a présenté les artistes, on combinait souvent deux activités artistiques en même temps, ils découvraient, ils pouvaient toucher, tester, expérimenter… On leur proposait autre chose. » Les ados en revanche ont tendance à aller, venir, repartir. Ils sont plus difficiles à saisir que les petits. « C’est pour cela que nous avons créé des ateliers, cela a permis de constituer un groupe pour pouvoir les approcher, ne pas passer à côté. »

Des disciplines connexes

Le graff et le skate ont particulièrement bien marché. Le skate répondait à une demande des jeunes. « C’est plutôt une discipline sportive, reconnaît le codirecteur, mais il y a moyen d’en faire des chorégraphies, de faire le lien avec l’artistique. En plus, c’est hyper visuel. Skate et graff font aussi partie d’une même culture. » Le principe était en effet d’associer harmonieusement les disciplines, avec en apothéose un parcours déambulatoire entre le quartier de l’hôpital d’Ixelles et la place Flagey, entre la plaine du Bempt et la place Saint-Denis à Forest.

Le cœur d’une AMO

L’asbl Dynamo est un service d’aide aux jeunes en milieu ouvert spécialisé dans le travail social de rue. Il touche un public d’enfants et de jeunes issus de milieux défavorisés et/ou confrontés à l’exclusion, à la marginalisation et à la stigmatisation. Le travail social de rue est une démarche de prise de contact particulièrement proactive, puisqu’au lieu d’attendre le jeune dans son bureau, c’est le travailleur qui va à sa rencontre. La première prise de contact se fait le plus souvent par des prétextes à la rencontre : essentiellement des animations spontanées dans l’espace public (basket, foot de rue, cirque, coffre à histoires, slackline, street tennis, badminton, dessins à la craie, petits jeux, musique, etc.), mais aussi au cours de discussions informelles. Le renforcement de la relation jeune-travailleur social est sensé favoriser l’émergence de la demande d’aide. Plus le jeune connaîtra le travailleur, plus il aura confiance et plus il aura tendance à se confier à lui. Le renforcement de la relation se fait grâce à des activités collectives (sorties, camps…) qui nourrissent un vécu commun entre jeunes et travailleurs sociaux, mais aussi par la régularité de la présence de Dynamo dans les quartiers et dans l’espace public. « On précise toujours qui on est et pourquoi on est là, insiste Sébastien Hertsens. On ne le dit bien sûr pas de la même façon à un enfant de 5 ans qu’à un ado, mais ils savent qu’on est disponible s’ils ont besoin d’aide un jour. Ils savent qu’ils peuvent discuter avec nous et qu’une aide ce n’est pas forcément venir au bureau. Cela peut se passer en rue, en famille, lors de nos camps d’été. »

La démocratie culturelle

C’est le fondement de ce projet. Nous constatons depuis de nombreuses années que les jeunes ciblés par notre action ont peu accès aux institutions culturelles classiques (académie, théâtre, salle de concert…). L’accès à la culture pour les jeunes des quartiers est souvent proposé dans un principe de démocratisation de la culture (ex. : l’article 27). Notre volonté est de pouvoir leur donner accès à des disciplines artistiques et de les pratiquer au sein de leur milieu de vie.

© AMO Dynamo
© AMO Dynamo

Trois principes de participation

Ce projet d’expression de rue ne sert en effet pas uniquement à animer des gamins. Derrière s’élabore tout un processus de démocratie culturelle. Accéder à la culture. Faire de la culture. Être en présence d’artistes. Dans certains milieux, la culture passe souvent par le monde associatif. « Effectivement, nous les emmenons “consommer de la culture” au théâtre, au cinéma, dit Sébastien Hertsens. Mais “produire de la culture”, c’est plus rare. Il y a tout un public qui ne rentre pas dans les institutions, les Roms par exemple. Il faut aller là où ils sont, et du coup ça va se passer dans l’espace public. »

L’accessibilité. L’espace public est un lieu ouvert à tous. Les actions ont une visibilité naturelle, les travailleurs sociaux de rue sont connus dans les quartiers et ils utilisent des moyens de communication adaptés aux jeunes, comme Instagram.

La libre adhésion. Les enfants et les jeunes ont le choix de s’intéresser aux actions, qui sont gratuites. Proposer plusieurs disciplines artistiques offre également plusieurs portes d’entrée.

Le rythme. Le rythme et les besoins du groupe sont respectés, le travail se fait en en co-construction avec lui.

Un clip rassembleur

L’idée de tourner un clip a tout de suite parlé aux jeunes. Cela correspond à leur monde : du visuel, de l’audio, de la choré, du montage… et que ce soit sur smartphone pour pouvoir le montrer !

Après plusieurs ateliers dans les quartiers, tout le monde s’est réuni pour un week-end à l’allée du Kaai, près du site de Tour et Taxis. Il y avait un atelier danse, un atelier musique, un atelier graff… Des groupes ont été constitués selon leurs intérêts, comme un aboutissement de ce qui leur avait plu au cours des ateliers de quartier et ils ont concrétisé un projet final commun aux différentes disciplines et individus. Les jeunes ont scénarisé le film, encadrés par des pros pour le montage. « Ils ont produit quelque chose ensemble, et ils ont quelque chose à montrer, souligne le codirecteur. C’est très valorisant et c’est un truc que nous avons retenu : avoir une finalité. » Le résultat est soufflant. À découvrir sur https://vimeo.com/783134419/13e8c383b2.

Des difficultés et des pépites

La difficulté majeure, c’est de devoir tout le temps s’adapter. « Il faut s’adapter à la météo, à l’espace public, s’adapter aux enfants – mais ça, c’est notre boulot ! » sourit le codirecteur, convaincu de l’importance de faire le lien entre le monde social et le monde artistique. « Il y a vraiment beaucoup de choses à faire. Et pour les enfants, c’est précieux de pouvoir s’exprimer autrement. On sollicite souvent les jeunes pour qu’ils donnent leur avis, mais parfois il vaut mieux leur mettre un crayon en main que de leur demander comment ça va à l’école pour la millième fois… Il faut démultiplier les moyens d’expression, car l’un s’exprimera d’une façon et l’autre d’une autre façon. »

Proposer différentes disciplines réserve de bonnes surprises. « Un des jeunes a particulièrement bien accroché avec le graff et depuis, il ne lâche plus. Il a vraiment découvert quelque chose, il a un talent et depuis il continue. Et notre travail c’est aussi de l’accompagner sur cette voie. C’est un point de levier. » Autre gratification : voir des parents participer eux aussi aux activités, jouer. Autre enseignement : la relation entre les travailleurs sociaux et les artistes. « On se rend compte qu’on est complémentaires, qu’il y a des choses à faire ensemble et on a envie de continuer à collaborer d’une manière ou d’une autre. »

Des effets durables

Valorisation des jeunes. En travaillant avec des artistes professionnels, les jeunes se sentent pris au sérieux et la qualité de leurs créations les valorise. Celles-ci ont d’ailleurs laissé des traces ! Ils ont repeint le volet du local de Dynamo à la fin du projet et réalisé une fresque au sol. Plusieurs sont demandeurs de poursuivre les activités artistiques. Et tous ceux qui ont réalisé le clip ont accepté qu’il soit diffusé et l’ont eux-mêmes largement partagé sur les réseaux sociaux.

Convivialité. Ce type d’action, visible et audible, a contribué à la convivialité des quartiers, à donner une image positive de l’espace public et des jeunes.

La suite ? Il y a une envie à la fois du côté des jeunes, des travailleurs sociaux et des artistes de poursuivre les collaborations. Peut-être un camp résidentiel autour de la création artistique avec les jeunes qui ont le plus accroché au projet…

© AMO Dynamo
© AMO Dynamo
© AMO Dynamo
© AMO Dynamo

Pour en savoir plus

Lien vers la vidéo réalisée avec les adolescents dans le cadre du projet : https://vimeo.com/783134419/13e8c383b2

Contact

Asbl Dynamo

Av. Victor Rousseau, 300 à 1190 Forest

Sébastien Hertsens, codirecteur

Hélène Eggen, codirectrice

Tél. : 02 332 23 56 ou 0473 73 68 80 – Courriel : info@dynamoamo.be  – Site : www.dynamoamo.be

5. « Ce Covid qui me vide » - Foyer des Jeunes des Marolles (Bruxelles)

« Avec la crise sanitaire, on a vu des enfants métamorphosés. J’en ai vu qui avaient perdu toute leur énergie, raconte Rémy Claes, chargé de projet au Foyer des Jeunes des Marolles. Notre idée, c’était qu’ils puissent s’exprimer à ce sujet. On cherchait aussi une activité compatible avec un potentiel retour du confinement et la bande dessinée s’est imposée : on pouvait se voir, travailler ensemble, mais aussi à partir de chez soi et échanger sur WhatsApp. » L’atelier de création a démarré en 2021 avec une dizaine d’enfants âgés de neuf à douze ans, un groupe porteur, un noyau dur.

Une méthodologie bien rodée

Quel que soit le domaine, le Foyer adopte une même approche : d’abord sensibiliser les jeunes à une thématique, et pour cela les animateurs ont recours à des outils comme le photolangage, le théâtre- forum, etc. pour qu’ils puissent échanger et pour apporter du contenu à leur création. Ensuite, travailler sur un média retenu. Ici c’est la bande dessinée, mais d’autres fois c’est le théâtre, le cinéma… « On leur explique comment faire, les ressorts, le jeu d’acteur, le ton… »  Le volet suivant mixe le tout : créer des scènes de théâtre sur le thème de la discrimination, créer une BD sur le Covid, créer des vidéos sur l’inégalité de genre, par exemple. « Notre objectif est transversal : que les jeunes puissent défendre leurs idées à travers leurs productions », résume Rémy Claes.

Le public cible

Ce Covid qui me vide est une réalisation des enfants de l’école des devoirs du Foyer. La BD met en péripéties les protagonistes du projet : les enfants sont les héros de cette histoire, ils combattent des monstres, une allégorie du virus. « Nous souhaitions valoriser la production d’un produit de qualité, mais nous voulions également leur proposer un moment d’écoute, car le projet a débuté peu de temps après le confinement et ils en étaient fort perturbés. »

Ce sont des enfants du quartier, dont les familles rencontrent des obstacles économiques, culturels et sociaux. Des parents ne parlent pas le français et le suivi scolaire est compliqué. « Nos projets ont pour but d’accompagner ces enfants dans la réussite scolaire, dit Rémy Claes, mais également de favoriser leur créativité et leur épanouissement. »

Difficultés

Il a fallu composer avec les aléas de la vie. L’animateur a été hospitalisé durant plusieurs mois au commencement du projet, ce qui en a freiné l’avancement. Des enfants ont déménagé. « Il y a eu un peu trop de flottement entre le début du projet et mon retour de convalescence, explique Rémy Claes, mais on a mis les bouchées doubles par la suite. » Les enfants n’avaient heureusement rien perdu de leur motivation et d’autres ont rejoint le groupe. Ils ont travaillé au projet tous les jours dès leurs devoirs terminés, certains réclamant même les planches pour continuer à avancer à la maison, et le retard a été comblé.

Case par case

Telle l’histoire racontée, la conception du projet a été découpée en plusieurs parties. Au début, chacun avançait sur sa propre idée, de manière indépendante. « On s’est rendu compte qu’elles avaient toutes des points communs : les enfants se mettaient eux-mêmes en scène, ils avaient des super pouvoirs et se battaient contre des monstres. À leur demande, nous avons donc décidé de réaliser une seule histoire. En faisant bien entendu attention à ce que chacun s’y retrouve », explique Rémy Claes. L’étape suivante était d’en tracer les grandes lignes afin de dessiner le story-board qui serait envoyé au dessinateur chargé de le finaliser. Celui-ci est venu leur donner des bases de dessin, mais l’idée n’était pas d’en faire des professionnels. « Le plus important était qu’ils comprennent comment décomposer une idée en planches et comment décomposer une planche en cases, avec des gros plans pour mettre en avant une émotion, etc. » Bref, un peu de théorie et une rencontre créative indispensable entre partenaires !

Les enfants se sont mis d’accord entre eux sur qui ferait quoi et ils se sont partagés les dessins et les planches. Ce sont eux qui ont écrit tous les dialogues. Pour les aider à construire ce récit, ils ont reçu des fiches techniques aux orientations simples… mais essentielles : Quel est l’univers de l’histoire ? Qui est le personnage principal ? Quel est son objectif ? Quel est l’élément déclencheur ? Qui sont les méchants ? Quels sont leurs objectifs ? Comment définir un début, un milieu et une fin ? « Cela faisait débat entre eux, se souvient Rémy Claes. Ils ne voulaient pas de “l’enfant qui ne va plus à l’école et qui reste devant l’ordinateur à cause du confinement”. Non, ils ne voulaient pas raconter cette réalité-là, ils ne voyaient que ça, ils entendaient ça partout. Au contraire, ils voulaient de la bagarre, de la fight ! »

Leur histoire, c’est celle d’un méchant qui a créé un virus – « ce sale Covid ! » – et qui, quand on l’injecte, transforme les gens en super méchants. À l’inverse, les enfants vont s’inoculer une dose de vaccin et devenir des superhéros qui vont sauver le monde. Mais bon, comme le vaccin a des effets secondaires méconnus, cela ne se passe pas sans surprises… « Ce sont eux les personnages, insiste Rémy Claes. Ils se sont vraiment projetés dans leurs rôles. » Même les participants arrivés dans la dernière partie du projet ont été gratifiés d’une présence dans le scénario, dans une case, dans un dialogue. « Nous avons accordé beaucoup d’importance à la notion d’écoute vraie des enfants, poursuit-il. Le graphiste redessinait les croquis et les planches initiées par les enfants et ceux-ci avaient leur mot à dire, ils pouvaient lui demander des améliorations. Ils l’ont dirigé, tenant à ce qu’ils voulaient voir à tout prix dans la BD : les pouvoirs, les accessoires. Pour chaque planche, les enfants créaient une vidéo pour lui expliquer en détail leurs desiderata, case par case. »

© Virus - Foyer des Jeunes des Marolles
© Virus - Foyer des Jeunes des Marolles
© Virus - Foyer des Jeunes des Marolles

Témoignages

 

Rémy : C’est quoi le projet BD ?

Ouways : Alors le projet BD, c’est les éducateurs, les animateurs qui ont demandé à plusieurs enfants de participer à un projet, de faire une BD. Et je trouve que ce projet c’est bien car grâce à ça, on se met à la place des auteurs et on voit que c’est dur de créer une BD, et aussi les dessins.  On voit que c’est dur à faire d’inventer une histoire, je trouve que c’est bien, comme ça on peut créer notre propre histoire et donner notre ressenti et d’autres peuvent la lire. Moi j’aime bien, je trouve que c’est un très bon projet et qu’on devrait continuer et en faire plusieurs pour d’autres enfants et d’autres écoles de devoirs.

Rémy : Peux-tu nous parler un peu du projet de la BD ?

Hadiyatou (10 ans) : Le projet de la BD, en fait il parle d’un virus, le Covid 19. On n’a pas voulu faire comme la réalité, comme avant en 2020. Donc on a mis des super héros, avec des pouvoirs. Il y a les gens qui sortent, qui se transforment en monstres.

Rémy : C’était quoi le moment le plus fort et le plus amusant dans ce projet ?

Aymen (12 ans) : C’était quand on était en train d’écrire l’histoire. Quand on cherchait les idées.

Ouways : Ce que j’ai le plus aimé, c’est quand on devait créer l’histoire, c’était bien, on réfléchissait, on devait trouver des idées. Et aussi j’ai bien aimé quand on a construit la base de l’histoire. Moi j’aime bien ce projet et j’espère qu’on pourra recommencer.

Rémy : Tu as dit que tu voulais faire une autre BD, tu as déjà des idées pour d’autres histoires ?

Ouways : Non, je ne sais pas mais pendant le temps qu’on a fait la BD il y a d’autres enfants qui sont venus et comme ça dans les prochains projets on pourra les rajouter dans l’histoire.

Rémy : Est-ce que les idées de ce que vous vouliez ont bien été respectées par le graphiste ?

Aymen : Oui, il a fait ça perfecto !

Pour en savoir plus

Découvrez ici la Bande Dessinée Virus

Cover BD Virus

Conclusion

Les enfants ont un énorme potentiel. Le groupe était présent durant toutes les phases du projet, et il a montré qu’il était capable de faire preuve de réflexion et de créativité sur un projet à long terme. Non seulement ils ont pu s’exprimer vis-à-vis de la pandémie, mais ils ont pris du plaisir à en parler et à le mettre en scène à travers des métaphores. Ils ont présenté leur BD lors de la journée portes ouvertes du Foyer des Jeunes des Marolles… et ils sont partants pour créer d’autres albums !

Contact

Foyer des Jeunes des Marolles

Bilal Chuitar, coordinateur

Rémy Claes, chargé de projet

Rue de la Prévoyance 46 à 1000 Bruxelles

Tél. : 02 512 68 78 ou 0488 26 90 23 – Courriel : info@fjmarolles.eu  et fjmarolles.eu